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    Les types de voyage                                                                                          Navigation aérienne et navigation maritime

    Les principes de la navigation aérienne sont identiques à ceux de la navigation maritime. Les premiers instruments utilisés à bord des aéronefs sont directement issus des instruments utilisés dans la marine. Les systèmes de radionavigation utilisés également en navigation maritime, se sont particulièrement diversifiés et développés au profit de la navigation aérienne, notamment pour les approches d'aérodromes et le guidage à l'atterrissage. Depuis leur apparition dans les années 1970, la navigation utilise des systèmes satellitaires. Les récepteurs utilisés en aéronautique sont identiques à ceux utilisés au sol ou en mer.

    En aéronautique :

    • La fonction pilotage, c’est-à-dire le contrôle du vol de l'avion par rapport à l'air est exercé grâce aux instruments de bord. On peut y associer les instruments qui contrôlent les paramètres des moteurs.
    • La fonction radiocommunication permet l'échange d'informations entre un aéronef et les autorités de contrôle de la navigation au sol.
    • Les instruments correspondant à ces trois fonctions sont rassemblés sur la planche de bord qui constitue l'IHM, interface homme-machine, entre le pilote et l'aéronef.

    Référence et problématique

    Sur la Terre, la navigation nécessite un système de référence, dit système géodésique. Le système désormais le plus utilisé est le WGS84 (World Geodetic System, 1984), mais de nombreuses cartes utilisent encore un système géodésique plus ancien.

    Connaissant les coordonnées du mobile et celles du point de destination, on peut alors calculer (ou mesurer sur une carte) la route à suivre pour rejoindre ce dernier point, qui peut être notamment :

    • une route à cap constant (à angle constant avec les méridiens), la loxodromie ;
    • ou la route la plus courte, l'orthodromie, c'est-à-dire une géodésique (un arc de grand cercle, si l'on assimile la terre à une sphère) ;
    • ou une autre route plus complexe, en fonction des conditions externes (météorologie, courants, vent...) ou des contraintes choisies (vitesse maximale, consommation minimale, etc.).

    Évolution historique

    Les techniques de navigation ont été développées par les premiers marins pour naviguer sur les mers et océans. La constatation du magnétisme terrestre a très tôt conduit à l'invention de la boussole (appelée en navigation un compas), qui a permis de tenir un cap et suivre une route. La mesure de la vitesse a été rendue possible grâce à l'invention du loch à bateau. Ces deux éléments, cap et vitesse, permettent une navigation à l'estime, insuffisamment précise dans la durée. Sans repère terrestre (hors de vue d'une côte), les navigateurs se sont repérés grâce à l'observation des astres. La hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon, facilement mesurable par les «ancêtres» du sextant, tels que l'astrolabe, permet de calculer la latitude. Toutes ces techniques étaient acquises, dès le XVe siècle. La mesure de longitude, qui se déduit de la mesure du temps, n'a été véritablement possible qu'au XVIIIe siècle avec l'invention de chronomètre (ou garde-temps) précis qui permettait de «garder» le temps du méridien d'origine.

    Par la suite, ces moyens ont gagné en précision et les méthodes de calcul se sont affinées. À la fin du XIXe, l'invention de l'électricité a entraîné celle du compas gyroscopique qui permet de s'affranchir des difficultés inhérentes au magnétisme terrestre. Le développement de la radio a permis dans la première moitié du XXe siècle, l'arrivée des premiers systèmes de radionavigation (principe de la radiogoniométrie à l'origine). Ceux-ci se sont diversifiés et développés, particulièrement au profit de la navigation aérienne, notamment pour les approches d'aérodromes et le guidage à l'atterrissage[2].

    À partir de la fin du XXe siècle sont apparus les systèmes de navigation satellitaires. Le principe de base est identique à la radionavigation, mais les balises sont implantées sur une constellation de satellites en orbite[3]. Le faible coût des récepteurs permet d'envisager l'équipement des mobiles les plus rustiques. Les systèmes satellitaires ont, en navigation maritime, supplanté tous les systèmes de radionavigation existants.

    Les techniques anciennes à base

    Aventure

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    Une aventure est une suite de péripéties et de rebondissements, c'est ce qui constitue souvent la trame d'une histoire fictive ou réelle.

    Milan Kundera définit l'aventure comme une découverte passionnée de l'inconnu.

    Une aventure peut aussi désigner une tromperie ou adultère.

    Affrontement entre Minamoto no Yorimitsu et le brigand Hakamadare, qui reçoit l'aide d'un serpent géant.
    série de peintures des dix héros de Tametomo, par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, 1861.

    Le roman d'aventures

    Le roman d'aventures est véritablement typique, et souvent bien identifiable. Dans les grandes lignes, l'auteur place un héros et des situations problématiques dont il s'extirpe sous les yeux du lecteur. Le roman d'aventures, suivant l'époque (et les mœurs), Marche et promenade

    , fait la part belle à l'ingéniosité, ou au suspense...

    La marche à pied, en tant que sport, existe depuis bien longtemps : elle faisait déjà partie de la philosophie du Chinois Lao-tseu (vers -500) : le mot Tao, voie, c'est aussi le chemin emprunté par le marcheur[1]. La marche est l'une des pratiques regroupées sous le vocable wei-wu-wei, agir-sans-agir.

    C'est au XIXe siècle que la randonnée au sens où nous la connaissons apparaît. Elle se différencie de la marche à pied, pratiquée depuis la nuit des temps comme moyen de locomotion, par son aspect récréatif. Un des pères de la randonnée est Horace-Bénédict de Saussure. Il ne s'est pas contenté de vaincre le mont Blanc mais a également parcouru de nombreuses montagnes : le Jura, les Vosges, le Forez, le Vivarais. L'Allemand Karl Baedeker (18011859) édite des guides dans lesquels il décrit ses parcours pédestres. En France, en 1837, est publié le premier guide de randonnée dans la forêt de Fontainebleau : Quatre promenades en forêt de Fontainebleau. En 1842, Claude François Denecourt (17881875) trace son premier sentier dans cette même forêt. Les « sentiers Denecourt » existent toujours. En 1872, apparaît en Alsace le Club vosgien, qui balisera les sentiers dans le massif vosgien. Ainsi Denecourt écrit en 1839 pour définir ses vues :

    Cabanes de secours sur un sentier en Nouvelle-Zélande.

    « Mais je suis près d'oublier que le tableau d'une nature aussi grandiose doit être l'œuvre du peintre ou du poète, dont elle enflamme le génie, et que ma mission doit se borner à diriger le voyageur qui vient en admirer les beautés. Attiré moi-même par la douce paix et le bonheur qui résident au fond de ces bois et de ces déserts, je les ai longtemps parcourus, et, aidé par les observations des artistes qui les fréquentent journellement, j'ai acquis une connaissance de la localité qui m'a mis à même d'en signaler toutes les parties les plus pittoresques, et d'offrir au voyageur les moyens de les visiter avec autant de facilité que d'agrément. Comme il est des personnes qui aiment les longues promenades, d'autres, celles qui ont moins de durée, et que les voyageurs n'ont pas tous le même laps de temps à consacrer à notre forêt, j'en ai classé et divisé les sites par tournées, dont les combinaisons différentes correspondent à tous les désirs. »[2].

    En France, la randonnée est un sport de nature au sens de l'article L311-1 du Code du sport.

    Randonnée dans le Trentin-Haut-Adige près de Merano.

    Avantages

    Au-delà des vertus sportives de la marche à pied, la randonnée pédestre est souvent le moyen d'un ressourcement intellectuel ou spirituel. Si les traditionnelles balades dominicales font office de coupure avec le quotidien, certains mouvements (ex : les Compagnons de Saint François, les pèlerins des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.) utilisent pleinement ces vertus relaxantes : la randonnée peut alors se révéler un moment d'échange, de réflexion, de rapprochement avec la nature.

    Institutions

    La randonnée pédestre est une activité qui peut se pratiquer de façon informelle ou en club. Des structures comme l'Association Nationale du Grand Sentier de France (A.N.G.S.F.), la Fédération française de randonnée pédestre, la Fédération française des sports populaires[3], la Fédération française de la montagne et de l'escalade, le Club alpin français, le Club alpin suisse ou le Club vosgien permettent d'organiser la pratique, de gérer la signalisation des chemins pédestres et de représenter les intérêts des randonneurs au niveau politique.

    Des professionnels comme l'accompagnateur en moyenne montagne ou le guide de haute montagne peuvent assurer la sécurité des randonnées en terrain difficile ou partager leur connaissance du milieu pour enrichir l'activité.

    La cotation randonnée du Club Alpin Suisse

    T1 - Randonnée Sentier bien tracé. Terrain plat ou en faible pente, pas de risques de chute. Exigences : Aucune, convient aussi pour baskets. L'orientation ne pose pas de problèmes, en général possible même sans carte.

    T2 - Randonnée en montagne Sentier avec tracé ininterrompu. Terrain parfois raide, risques de chute pas exclus. Exigences : Avoir le pied assez sûr. Chaussures de trekking recommandées. Capacités élémentaires d'orientation.

    T3 - Randonnée en montagne exigeante Sentier pas forcément visible partout. Les passages exposés peuvent être équipés de cordes ou de chaines. Éventuellement, appui des mains nécessaire pour l'équilibre. Quelques passages exposés avec risques de chute, pierriers, pentes mêlées de rochers sans trace. Il faut avoir le pied très sûr, de bonnes chaussures de trekking et des capacités d'orientation dans la moyenne. Expérience élémentaire de la montagne souhaitable.

    T4 - Randonnée alpine Traces parfois manquantes. L'aide des mains est quelquefois nécessaire pour la progression. Terrain déjà assez exposé, pentes herbeuses délicates, pentes mêlées de rochers, névés faciles et passages sur glacier non recouverts de neige. Il faut être familier du terrain exposé, avoir des chaussures de trekking rigides et une certaine capacité d'évaluation du terrain et une bonne capacité d'orientation. Expérience alpine. En cas de mauvais temps le repli peut s'avérer difficile.

    T5 - Randonnée alpine exigeante Souvent sans traces. Quelques passages d'escalade faciles. Terrain exposé, exigeant, pentes raides mêlées de rochers. Glaciers et névés présentant un risque de glissade. Il faut des chaussures de montagne, une évaluation sûre du terrain et très bonnes capacités d'orientation. Bonne expérience de la haute montagne et connaissances élémentaires du maniement du piolet et de la corde utiles.

    T6 - Randonnée alpine difficile La plupart du temps sans traces, passages d'escalade jusqu'à II. En général non balisé. Souvent très exposé. Pentes mêlées de rochers délicates. Glaciers avec risque accru de glissade. Il faut une excellente capacité d'orientation, une expérience alpine confirmée et l'habitude de l'utilisation du matériel technique d'alpinisme.

    La sécurité, c'est également savoir utiliser les moyens d'orientation : carte, boussole et éventuellement GPS.

     

    Balise posée par le Club vosgien sur un sentier aux environs d’Épinal.

    Signalisation 2008 Savoie

    La randonnée se déroule généralement sur des sentiers. De nombreuses associations se chargent d'en baliser afin de proposer des randonnées. Pour les randonnées pédestres, des milliers de kilomètres de sentiers ont été aménagés pour la randonnée. Proposant des cheminements pouvant aller de quelques km jusqu'à plus de 10 000 km pour le sentier européen E4.

    Ils sont repérés sur le terrain par des balises peintes ou inscrites sur des panonceaux. Par exemple en France, le Club vosgien utilise neuf signes géométriques et quatre couleurs pour jalonner les sentiers qu'il entretient[4]. Les sentiers de grande randonnée GR (rectangle blanc sur rectangle rouge) et GRP (rectangle jaune sur rectangle rouge) ainsi que les PR (rectangle jaune) sont eux balisés par la Fédération française de randonnée pédestre. Chaque GR est identifié par un numéro. Le plus célèbre de France est probablement le GR 20, qui traverse la Corse du nord au sud. Des guides appelés topo-guides et des cartes de randonnée permettent de connaître leurs itinéraires. En France, ils sont édités par diverses associations, comme la Fédération française de randonnée pédestre, ou par des éditeurs spécialisés.

    On trouve de la même manière des balisages spécifiques pour les sentiers de randonnée équestre (de couleur orange en France[5]) ou VTT (en France un triangle et deux ronds[6])

    Carte [modifier]

    Les cartes à utiliser sont les cartes à grande échelle (typiquement 1:25 000 ou 1:50 000), éditées en Belgique par l’IGN belge, en France par l’IGN français, ou encore en Suisse par Swisstopo. La carte permet d'identifier les reliefs, la nature du terrain, les altitudes. Elle permet de mesurer les distances et les dénivelés (différence d'altitude entre les points de départ et d'arrivée) à l'aide des points cotés et des courbes de niveau.

    Une bonne pratique de la lecture de carte permet d'anticiper la difficulté du trajet, et de planifier sa randonnée. Sur le terrain elle peut être transportée dans un porte-cartes, sorte de pochette transparente qui permet de la protéger des intempéries et de ne manipuler que la partie nécessaire.

    Matériel [modifier]

    Utilisation d'une boussole en randonnée : le principe de base pour s'orienter avec une boussole est la mesure ou l'exploitation d'un azimut. Soit pour se repérer en mesurant l'azimut (de trois points) sur le terrain et en le reportant sur la carte, soit en relevant un azimut sur une carte et en l'utilisant pour se rendre au point voulu à l'aide d'une boussole sur le terrain.

    La boussole est une aiguille aimantée montée sur un pivot. Attirée par le pôle Nord magnétique de la Terre, elle permet d'orienter la carte dans la même direction que le terrain réel. En Europe, les détails du terrain permettent généralement d'utiliser une carte sans boussole. Cette dernière reste cependant une sécurité appréciable en forêt ou par temps brumeux par exemple.

    Appareils GPS utilisables en randonnée.

    Le GPS n'est pas indispensable, mais un modèle bien adapté à la randonnée peut se révéler extrêmement utile. Il est nécessaire de connaître ces moyens avant de partir afin d'être capable de les utiliser dans des conditions difficiles (mauvais temps). En montagne, on peut également se munir d'un altimètre, appareil très utile pour situer sa position mais également pour s'orienter (progression par tangente à la courbe de niveau).

    Sac à dos [modifier]

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    Matériel de sécurité

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    Gestion de l'effort

    Les valeurs moyennes de progression sont en général de 4 à 5 km par heure, avec 300 à 350 m de dénivelé par heure en montée, et 400 à 450 m de dénivelé par heure en descente. Ces valeurs sont à ajuster en fonction des personnes, des difficultés et des conditions météorologiques.

    Si la durée de la randonnée est inférieure à trois heures, de l'eau suffira, éventuellement sucrée à 5 % si l'effort est particulièrement intense. Sinon il faut prévoir une alimentation solide pour apporter de l'énergie, par exemple des fruits secs ou des pâtes de fruits[7].

    Dans le cas d'une randonnée longue en autonomie, la gestion de l'alimentation est cruciale. Il faut à la fois veiller à prévoir un apport nutritionnel satisfaisant, conserver le plaisir gustatif, éviter les problèmes sanitaires, tout en veillant à limiter le poids des réserves de nourriture et les problèmes de cuisson[8]. Il faudra donc rechercher les produits se conservant à température ambiante et à haute teneur énergétique, notamment les aliments déshydratés.

    La randonnée étant un sport d'endurance, les besoins seront surtout un apport énergétique à l'aide de sucres lents. La composition nutritionnelle pourra donc être moins riche en protéines animales ou végétales que lors des repas habituels et comporter 60 % de glucides, 14 % de protéines et 20 % de lipides. Il faut prévoir une ration de 3 000 à 3 300 Kcal par jour, suffisante pour couvrir les besoins énergétiques en puisant dans les réserves adipeuses[7].

    Il faut augmenter la quantité de boisson, en se méfiant des cours d'eau de montagne qui peuvent avoir été souillés en amont (pâturages, refuge...). Au retour on favorisera la réhydratation (potages, boisson, thé...) et la récupération énergétique (pâtes, riz...) en limitant les apports carnés pour éviter les crampes[8].

    Vêtements et chaussures

    Chaussures de randonnée.

    Choisir des vêtements adaptés est crucial quand on part en randonnée. Les vêtements conservent la chaleur produite par le corps humain. Ils protègent des brûlures du soleil, du froid, et empêchent les piqûres d'insectes et de plantes.

    Le choix des vêtements dépend de la région de randonnée. Sous un climat tempéré, les difficultés météorologiques sont la pluie et le vent. En effet, ils emportent la chaleur conservée même par plusieurs couches de vêtements. Le risque d’hypothermie est alors élevé en cas de vent. Par temps froid, il suffit d'empiler les couches : sous-pull, chemise, pull-over, etc. S'il pleut, penser éventuellement à un vêtement imperméable, comme un poncho. Ce dernier permet également de protéger son sac-à-dos de la pluie et de conserver ainsi ses affaires au sec. Attention tout de même à la transpiration, qui risque de tremper vos vêtements, surtout lors des arrêts. Retirer alors des couches, et prévoir des changes.

    Par temps chaud, le compromis entre confort et pratique est difficile à trouver. Le port de vêtements épais et l'effort physique augmentent le risque d’hyperthermie. C'est pourquoi il est préférable de se déplacer avec peu de vêtements, en évitant les tissus imperméables. Pendant une pause, ne pas hésiter à mettre un vêtement chaud si l'air se rafraîchit. Les vêtements du désert doivent être très lâches et légers, permettant une bonne ventilation. Copier les vêtements portés par les Arabes qui ont une bonne connaissance de ce genre de climat.

    L'émergence de textiles synthétiques a permis une grande avancée en matière de compromis entre le confort et l'aspect pratique. Le Gore-Tex est un textile qui respire, et qui permet de maintenir le corps au chaud et au sec avec une bonne ventilation. Attention à ne pas le salir, sinon ses capacités seront diminuées. Le vêtement en fourrure polaire est très pratique et plus performant que ceux en coton. Il faut en choisir un qui soit coupe-vent si possible. On peut porter ce type de vêtement sous un imperméable par temps humide.

    Dans les fibres naturelles, la laine est excellente pour conserver la chaleur. Mais attention à ne pas la mouiller, car elle risque de s'alourdir et de se déformer : éviter alors les chaussettes en laine. Le coton, lui, attire toute l'humidité, il est donc à éviter dans les régions froides et humides, mais utile sous les tropiques.

    Le choix des chaussures est aussi primordial, surtout si la marche s'avère longue. Ne pas hésiter à marcher avec ses chaussures de marche quelques jours avant le départ. Choisir la pointure adaptée, regarder la robustesse des chaussures : elles doivent maintenir la cheville en cas de chute. Si elles sont en cuir, il faut les laver afin de retirer la boue après chaque journée de marche, pour les conserver dans un bon état[9].

    Les étapes [modifier]

    Lors d'une randonnée de plusieurs jours, plusieurs solutions sont possibles pour passer la nuit :

    Randonner avec des enfants [modifier]

    Portage d'enfant en randonnée.

    Il faut veiller à adapter l'activité à leurs capacités. Le risque étant qu'une sortie trop difficile ou trop monotone les dégoûte de cette activité. En effet, ils n'auront pas forcément les mêmes centres d'intérêt que les adultes, ils se souviendront par exemple plus du barrage qu'ils auront réalisé dans un torrent de montagne que des superbes paysages qui les environnaient.

    Leurs aptitudes et leurs besoins physiologiques sont aussi spécifiques. En particulier, et à tout âge, il faut veiller au soleil, en protégeant leur peau avec une crème solaire adaptée, les yeux par des lunettes de soleil et par le port d'une casquette ou d'un chapeau.

    Avant cinq ans [modifier]

    Avant trois ans, l'enfant peut être transporté dans un porte-bébé, ventral pour les nourrissons, ou dorsal quand l'enfant peut tenir assis seul[10]. Il faut alors éviter la randonnée par temps froid. Quand l'enfant dort profondément, il faut prendre garde à ce que ses jambes ne soient pas comprimées[11].

    À partir de trois ans, l'enfant peut commencer à marcher sur de courtes distances, il restera donc nécessaire de prévoir un portage s'il est fatigué.

    Le mal aigu des montagnes est difficile à détecter chez les jeunes enfants qui ont du mal à décrire leur symptôme. Par ailleurs, la plupart des enfants de cet âge n'éprouveront aucun intérêt spécifique pour l'environnement de haute montagne par rapport au milieu naturel qu'ils peuvent explorer à des altitudes inférieures. Il faut donc éviter les séjours à plus de 2 000 ou 3 000 mètres avec de jeunes enfants[11].

    Entre cinq et dix ans [modifier]

    L'enfant peut marcher, en fonction de son âge, un kilomètre par année en terrain plat. Il faut cependant veiller à s'adapter à sa vitesse de marche, ce qui signifie une moyenne de 1 à 3 km/h environ[10]. Pour une première sortie, une marche de deux heures est un objectif largement suffisant[12]. On veillera donc à ne pas dépasser environ 3 km, et 300 mètres de dénivelé. Les durées indiquées par les topoguides sont calculées pour des marcheurs adultes, il faudra donc ajouter entre 50 % et 100 % à la durée indiquée.

    Pour motiver les enfants il peut être intéressant de fixer un but (voir un château, une cascade...) à la balade. En règle générale, ils s'ennuient et se fatiguent rapidement d'une activité répétitive telle que la marche prolongée. Il faut donc prévoir des moments pour briser la monotonie : bricolages avec des éléments naturels (flèches polynésiennes, moulinet à eau, cabanes, barrages...), jeux (de cachette, de sensibilisation à la nature, d'orientation...), des histoires ou des chansons, observation (du paysage, des animaux, des fleurs, des empreintes...).

    Ils seront également intéressés par l'aspect aventure de l'activité. Et on peut leur confier quelques responsabilités adaptées à leur âge : porter un petit sac avec leur gourde ou leurs jouets, rechercher les balisages, rechercher le chemin sur la carte, veiller à l'heure...

    Il faut éviter les conditions difficiles (fort dénivelé, distance trop longue, froid ou chaleur, vent ou pluie...) et rester attentif à sa fatigue et ses besoins (faim, soif...)[10]. À plus de 3 000 m il faut veiller particulièrement aux symptômes du mal aigu des montagnes et l'environnement de haute montagne reste peu compatible avec les besoins et les centres d'intérêt des enfants[11]. La nourriture de randonnée n'est pas toujours du goût des enfants et il faut veiller à observer une hygiène minimale. L'enfant a de toute façon besoin de manger et de boire plus fréquemment qu'un adulte. Il est bon de planifier une pause toutes les 40 minutes environ[13].

    Il faut veiller à prévoir des journées de repos entre deux randonnées.

    Après 10 ans [modifier]

    C'est à partir de 9 ou 10 ans qu'on peut envisager la randonnée itinérante ou des sorties longues, en fonction de leur entraînement. Les adolescents plus âgés ont des aptitudes physiques à la randonnée similaires à celles des adultes.

    Hannibal Barca

    Buste d’Hannibal


    Naissance

    247 av. J.-C.
    Carthage

    Décès

    183 av. J.-C. (à 64 ans)
    Bithynie

    Nationalité

    Carthage

    Formation

    Commandant en chef

    Famille

    Hamilcar Barca, père
    Magon Barca, frère
    Hasdrubal Barca, frère

    Hannibal Barca (en phénicien Hanni-baal signifie « qui a la faveur de Baal[1] » et Barca, « foudre[2] »), généralement appelé Annibal ou Hannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (au nord-est de l'actuelle Tunis en Tunisie) et mort par suicide en 183 av. J.-C.[3],[4],[5],[6] en Bithynie (près de l’actuelle Bursa en Turquie), était un général et homme politique carthaginois généralement considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de l’histoire.

    Il grandit durant une période de tension dans le bassin méditerranéen alors que Rome commence à imposer sa puissance en Méditerranée occidentale : après la prise de la Sicile et de la Sardaigne, conséquence de la Première Guerre punique, les Romains envoient des troupes en Illyrie et poursuivent la colonisation de l’Italie du Nord. Élevé, selon la tradition historiographique latine, dans la haine de Rome, il est, selon ses ennemis, à l’origine de la Deuxième Guerre punique que les Anciens appelaient d’ailleurs « guerre d’Hannibal ».

    À la fin de l’année 218, il quitte l’Espagne avec son armée et traverse les Pyrénées puis les Alpes pour gagner le nord de l’Italie. Pourtant, il ne parvient pas à prendre Rome. Selon certains historiens, Hannibal ne possède alors pas le matériel nécessaire à l’attaque et au siège de la ville[7].

    Pour J. F. Lazenby, ce ne serait pas le manque d’équipements mais celui de ravitaillement et son propre agenda politique qui empêchent Hannibal d’attaquer la cité[8]. Néanmoins, il réussit à maintenir une armée en Italie durant plus d’une décennie sans toutefois parvenir à imposer ses conditions aux Romains. Une contre-attaque de ces derniers le force à retourner à Carthage où il est finalement défait à la bataille de Zama (ayant lieu entre Constantine et Tunis en Numidie).

    L’historien militaire Theodore Ayrault Dodge lui donne le surnom de « père de la stratégie[9] » du fait que son plus grand ennemi, Rome, adopte par la suite des éléments de sa tactique militaire dans son propre arsenal stratégique. Cet héritage lui confère une réputation forte dans le monde contemporain et il est considéré comme un grand stratège par des militaires tels que Napoléon Ier et le duc de Wellington. Sa vie sert plus tard de trame à de nombreux films et documentaires.

     

    Contexte historique

    .

    Au milieu du IIIe siècle av. J.-C., la ville de Carthage, où naît Hannibal[3], est fortement imprégnée de la culture helléniste issue des vestiges de l’empire d’Alexandre le Grand[10]. Carthage occupe alors une place prépondérante dans les échanges commerciaux du bassin méditerranéen et possède notamment des comptoirs en Sicile, en Sardaigne, sur les côtes de l’Hispanie et en Afrique du Nord. Elle dispose également d’une importante flotte de guerre qui assure la sécurité des routes maritimes empruntées par ses marchands : vers Alexandrie au sud de la Méditerranée et vers l’ouest et l’Espagne où se trouvent les mines d’argent qui lui permettent de payer le tribut dû à Rome après la Première Guerre punique.

    L’autre puissance méditerranéenne de l’époque est Rome, avec laquelle Carthage entre en conflit pendant une vingtaine d’années lors de la Première Guerre punique (« punique »[11] est un adjectif dérivé de « phénicien »[12] utilisé pour désigner les Carthaginois[13]), première guerre d’envergure dont Rome sort victorieuse. Cet affrontement entre la République romaine et Carthage est provoqué par un conflit secondaire à Syracuse. Il est marqué par trois phases sur des terrains d’opérations terrestres et maritimes : en Sicile (264-256), en Afrique (256-250) et à nouveau en Sicile (250-241). C’est lors de cette dernière phase, puis surtout après la guerre, que Hamilcar Barca, père d’Hannibal, qui dirige la guerre contre Rome depuis 247, se fait connaître. Après une défaite navale aux îles Égades au nord-ouest de la Sicile, il doit, au printemps 241, signer un traité avec le consul romain Caius Lutatius Catulus[14]. Cet accord impose à Carthage de quitter la Sicile[10] mais lui permet de conserver sa flotte.

    Au lendemain de la Première Guerre punique, malgré les précautions prises par Hamilcar Barca, Carthage se trouve en difficulté pour disperser ses troupes de mercenaires qui ne tardent pas à assiéger la ville[14]. Cet épisode est connu comme la Guerre des Mercenaires. Hamilcar parvient à réprimer cette révolte dans le sang au défilé de la Scie[15] en 237. Rome, n’ayant plus d’opposition, s’empare de la Sardaigne qui appartient aux Carthaginois[16]. Pour compenser cette perte, Hamilcar passe en Hispanie où il s’empare d’un vaste territoire au sud-est du pays. Pendant une dizaine d’années, Hamilcar mène la conquête du sud de l’Hispanie assisté de son gendre Hasdrubal[14]. Cette conquête rétablit la situation financière de Carthage grâce à l’exploitation des mines d’argent et d’étain.

    Ascension [modifier]

    Jeunesse [modifier]

    Caricature du serment que fait Hannibal à son père consistant à jurer de rester à jamais un ennemi de Rome.

    Hannibal Barca est le fils aîné du général Hamilcar Barca[16],[17]. « Barca » n'est pas un nom de famille mais il est néanmoins porté par son fils[18]. Les historiens désignent la famille de Hamilcar sous le nom de Barcides afin d’éviter la confusion avec d’autres familles carthaginoises où les mêmes prénoms (Hannibal, Hasdrubal, Hamilcar, Magon, etc.) sont fréquemment portés.

    Il n’existe que peu de sources à propos de l’éducation d’Hannibal. On sait toutefois qu’il apprend d’un précepteur spartiate, nommé Sosylos, les lettres grecques[3], l’histoire d’Alexandre le Grand et l’art de la guerre. Il acquiert ainsi ce mode de raisonnement et d’action que les Grecs nomment « métis » et qui se fonde sur l’intelligence et la ruse.

    Après avoir agrandi son territoire, Hamilcar enrichit sa famille et, par la même occasion, Carthage elle-même[14]. Poursuivant ce but, Hamilcar, s’appuyant sur la cité de Gadès (Hispanie) près du détroit de Gibraltar, commence à assujettir les tribus ibères. Carthage, à ce moment, est dans un tel état d’appauvrissement que sa marine est incapable de transporter son armée en Hispanie. Hamilcar est donc obligé de la faire marcher vers les colonnes d’Hercule puis de la faire traverser en bac le détroit de Gibraltar, entre le Maroc et l’Espagne. L’historien romain Tite-Live déclare que quand Hannibal va voir son père et le prie de l’autoriser à l’accompagner, celui-ci accepte[16],[17] sous réserve qu’Hannibal jure, qu’aussi longtemps qu’il vivrait, il ne serait jamais un ami de Rome[3],[16],[19]. D’autres historiens rapportent qu’Hannibal déclare à son père :

    « Je jure que dès que l’âge me le permettra [...] j’emploierai le feu et le fer pour briser le destin de Rome[9],[20]. »

    Son apprentissage de la pratique de l’action militaire intervient rapidement sur le terrain sous l’égide de son père puis de son beau-frère Hasdrubal le Beau[21] qui succède à Hamilcar tué sur le champ de bataille contre des rebelles espagnols[17] en 229[10] ou en 230[22] et le nomme à la tête de la cavalerie[3],[23]. Dans ce domaine, Hannibal dévoile très tôt son endurance et son sang-froid[24], sachant également se faire apprécier et admirer de ses soldats[25]. Hasdrubal poursuit quant à lui une politique de consolidation des intérêts ibériques de Carthage[10]. Ainsi, il marie Hannibal à une princesse ibère[26] prénommée Imilce, avec qui il aurait eu un fils[27]. Cependant, cette alliance reste considérée comme probable et n’est pas attestée de tous[27]. Par ailleurs, Hadrusbal signe en 226 un traité avec Rome partageant la péninsule ibérique en deux zones d’influence[22]. L’Èbre en constitue la frontière[22], Carthage ne devant pas s’étendre au-delà de ce fleuve dans la mesure où Rome ne s’étendrait pas non plus au sud du cours d’eau[23]. En 221, Hasdrubal fonde la nouvelle capitale, Carthagène[10] située en Murcie (sud de l’Espagne). Mais, un peu plus tard, un esclave gaulois, accusant Hasdrubal d’avoir assassiné son maître[23],[28], l’assassine à son tour en 221[26].

    Commandant en chef [modifier]

    Hannibal est alors choisi par l’armée carthaginoise pour succéder à Hadrusbal en tant que commandant en chef[22]. Il est ensuite confirmé dans cette fonction par le gouvernement[24],[29] malgré l’opposition de Hannon (riche aristocrate carthaginois)[30]. Il a alors à peine 25 ans[3]. Tite-Live donne à cette époque cette description du jeune général carthaginois :

    « Hannibal, dès son entrée en Espagne, attira sur lui tous les yeux. « C’est Hamilcar dans sa jeunesse qui nous est rendu », s’écriaient les vieux soldats. « Même énergie dans le visage, même feu dans le regard : voilà son air, voilà ses traits »[25]. »

    Après avoir assumé le commandement, Hannibal passe deux ans à consolider les possessions hispaniques et à terminer la conquête des territoires au sud de l’Èbre[31],[32]. Cependant, Rome, redoutant la puissance grandissante d’Hannibal en Hispanie, conclut une alliance avec la ville de Sagonte[22], pourtant située à une distance considérable au sud de l’Èbre dans la zone reconnue à l’influence carthaginoise[10], et déclare la cité sous son protectorat[33]. L’argumentaire romain s’appuie sur le traité de 241 qui interdit à Carthage de s’attaquer à un allié de Rome tandis qu’Hannibal met en avant le traité signé par Hasdrubal qui lui reconnaît la souveraineté carthaginoise au sud de l’Èbre. Hannibal encercle Sagonte[17] et mène le siège de la ville[33] qui tombe en 219, probablement au mois de novembre[22], après huit mois[29],[34],[35]. Rome réagit à ce qu’elle considère comme une violation du traité et réclame justice auprès du gouvernement carthaginois[21]. En raison de la grande popularité d’Hannibal et du risque de perte du prestige carthaginois en Hispanie, le gouvernement oligarchique de Carthage ne renie pas ces actions et la guerre à laquelle le général avait pensé, la Deuxième Guerre punique, est déclarée à la fin de l’année[24],[36].

    Deuxième Guerre punique [modifier]

    Article détaillé : Deuxième Guerre punique.

    Préparatifs [modifier]

    Après que les Carthaginois eurent encerclé[17] et détruit[19] Sagonte, les Romains décident de contre-attaquer sur deux fronts en Afrique du Nord et en Hispanie, à partir de la Sicile qui doit leur servir de base opérationnelle. Cependant, Hannibal met en place une stratégie pour le moins inattendue : il veut porter la guerre au cœur de l’Italie par une marche rapide à travers l’Hispanie et le sud de la Gaule[17]. Sachant que sa flotte est largement inférieure à celle des Romains, il ne les attaque pas par la mer : il choisit un trajet terrestre beaucoup plus long mais plus intéressant car il lui permet de recruter en chemin bon nombre de mercenaires ou de s’allier aux peuples celtes désireux d’en découdre avec les Romains[17]. Avant son départ, il joue habilement avec ses effectifs et envoie en Afrique du Nord des contingents d’Ibères tandis que des Libyens viennent assurer la sécurité des possessions de Carthage en Hispanie[37].

    Jusqu’à la fin du printemps 218, période à laquelle il quitte Carthagène[38],[39], Hannibal met sur pied une grande armée et envoie des représentants négocier son passage à travers les Pyrénées et nouer des alliances le long de son trajet. Selon Tite-Live, Hannibal traverse l’Èbre avec 90 000 fantassins et 12 000 cavaliers[38]. Il laisse un détachement de 10 000 fantassins et 1 000 cavaliers pour défendre l’Hispanie[38] ainsi que 11 000 Ibères qui se montrent réticents à quitter leur territoire[38]. Il disposerait donc de 70 000 fantassins et 10 000 cavaliers après le passage des Pyrénées. Selon d’autres sources, il parvient en Gaule à la tête de quelques 40 000 fantassins et 12 000 cavaliers[40]. Il est toutefois difficile d’évaluer ses effectifs réels. Certaines estimations vont jusqu’à 80 000 hommes. À son arrivée en Italie, il semble diriger, selon les sources, entre 20 000[41] et 50 000[26] fantassins et entre 6 000[41] et 9 000 cavaliers[26]. D’autre part, à plusieurs reprises, Carthage envoie des renforts à Hannibal, du moins, au début de la guerre. De plus, plusieurs peuplades se rallient, même provisoirement, à Hannibal. Ainsi, 40 000 Gaulois s'ajoutent à l'armée carthaginoise[42].

    Par ailleurs, Hannibal possède quelques éléphants de guerre dont le rôle est important dans les armées de l’époque et que les Romains connaissent déjà pour en avoir rencontré en se battant contre les troupes de Pyrrhus Ier. En réalité la plupart des 37 éléphants d’Hannibal[43], ce qui est un chiffre assez faible si on le compare à celui d’autres armées de l’époque hellénistique, meurent dans la traversée des Alpes ou dans l’humidité des marais étrusques. Le seul survivant est utilisé comme monture par Hannibal[44],[45]. En effet, Hannibal aurait perdu son œil droit[3] lors d’une bataille mineure[26] et utiliserait ce moyen de transport pour ne pas entrer au contact de l’eau[44],[45]. Selon d’autres historiens, Hannibal souffrirait en fait d’une ophtalmie[26] qui le rend borgne[24].

    Voyage vers l’Italie [modifier]

    Hannibal pénètre en Gaule en évitant soigneusement de s’attaquer aux villes grecques de Catalogne. On pense que, après avoir franchi les Pyrénées au col du Perthus et établi son campement près de la ville d’Illibéris[46] — actuelle Elne à proximité de Perpignan —, il se dirige sans encombre jusqu’au Rhône, où il arrive en septembre avant que les Romains ne puissent empêcher son passage, à la tête de quelque 38 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 37 éléphants de guerre[47].

    Après avoir évité les populations locales, qui tentent d’arrêter sa progression, Hannibal échappe à une troupe romaine venant de la côte méditerranéenne en remontant la vallée du Rhône[48]. Les Romains venant de conquérir la Gaule cisalpine, Hannibal espère, s’il parvient à traverser les Alpes, trouver un renfort chez les Gaulois du nord de l'Italie[17],[49].

    Traversée des Alpes [modifier]

    Hypothèses du tracé [modifier]

    Hannibal et ses hommes traversant les Alpes.

    L’itinéraire emprunté par Hannibal reste toujours sujet à polémiques[24]. En octobre 218[22], les Alpes peuvent être franchies par le col du Petit-Saint-Bernard[19], par celui du Mont-Cenis ou encore par celui de Montgenèvre[24],[29]. Certains auteurs indiquent qu’il emprunte le col du Clapier[50] ou encore, plus au sud, le col de Larche. Toutefois, les détails fournis par Polybe[51] et Tite-Live[52] sont très imprécis et aucune trace archéologique n’apporte de preuves irréfutables d’un quelconque itinéraire. Toutes les hypothèses avancées, souvent par des spécialistes mais aussi par des auteurs plus imaginatifs, le sont sur l’interprétation des textes de Tite-Live et de Polybe, près d’un millier d’ouvrages ayant été déjà écrits sur le sujet[53].

    L’une des caractéristiques majeures du col par lequel Hannibal aurait franchi les Alpes est la vue que l’on a du col sur la plaine du Pô. Hannibal y aurait en effet montré la plaine du Pô à ses soldats affamés et découragés[54]. Dans les Alpes septentrionales, du Montgenèvre au Grand-Saint-Bernard, seuls le col de Savine-Coche et le col de Larche permettraient cette vue[55]. Reste que les partisans du Petit-Saint-Bernard contestent le sens de la phrase de Polybe, qui écrit :

    « Les soldats, consternés par le souvenir des maux qu’ils avaient soufferts, et ne se figurant qu’avec effroi ceux qu’ils avaient encore à endurer, semblaient perdre courage. Hannibal les assemble, et comme du haut des Alpes, qui semblent être la citadelle de l’Italie, on voit à découvert toutes ces vastes plaines que le Pô arrose de ses eaux, il se servit de ce beau spectacle, unique ressource qui lui restait, pour remettre ses soldats de leur frayeur. En même temps, il leur montra du doigt le point où Rome était située et leur rappela qu’ils avaient pour eux la bonne volonté des peuples qui habitaient le pays qu’ils avaient sous les yeux[51]. »

    Même si cette scène est représentée dans de nombreux tableaux et dessins, dont l’un de Francisco de Goya[56], les partisans du Petit-Saint-Bernard affirment que les brouillards qui s’élèvent souvent de la plaine du Pô empêchent de voir celle-ci. Pourtant, cette plaine a été vue et photographiée de nombreuses fois, un exemple figurant sur le site web de Patrick Hunt, professeur d’archéologie à Stanford, consacré à ses recherches du col par lequel Hannibal serait passé en Italie ; ce dernier considère le Clapier comme le seul col qui réponde parfaitement aux textes antiques. Toutefois, l’usage habituel des historiens antiques étant d’imaginer des discours vraisemblables placés dans la bouche des personnages historiques, il n’y a guère de raisons de croire à l’authenticité absolue de cette scène, et au geste d’orateur qui l’accompagne. Dès lors qu’il est possible que la scène relatée soit une image d’Épinal, la comparaison des divers chemins envisageables ne peut emporter de décision définitive.

    Hannibal crossing the Alps, par John Leech, 1850.

    Pour sa part, le préhistorien français Aimé Bocquet[57] retient un itinéraire par le Petit-Saint-Bernard, réfutant l’hypothèse du Clapier pour des raisons climatiques, le tracé passant dans une zone où, encore en 1860, un glacier s’étalait sur une grande largeur. Néanmoins, au début de la phase chaude de l’époque romaine, la présence de ce glacier qui aurait empêché le passage des troupes n’est pas certaine. Bocquet s’appuie aussi sur Polybe qui indique qu’« il y avait cinq mois et demi qu’Hannibal était parti de la nouvelle Carthage, en comptant les quinze jours que lui avait coûtés le passage des Alpes, lorsqu’il planta ses étendards dans les plaines du Pô et parmi les Insubriens »[58] avant d’attaquer les peuples de la région de Turin. Or, selon Bocquet, Hannibal devait passer par le Petit-Saint-Bernard pour arriver chez les Insubres.

    Polybe donne également une autre caractéristique majeure :

    « Hannibal, arrivé dans l’Italie avec l’armée que nous avons vue plus haut, campa au pied des Alpes, pour donner quelque repos à ses troupes [...] il tâcha d’abord d’engager les peuples du territoire de Turin, peuples situés au pied des Alpes[59]. »

    Dans les Alpes septentrionales, un seul col satisferait à ces deux conditions (vue sur la plaine du Pô et peuplement des Taurins) : le Clapier. C’est pourquoi, depuis le colonel Perrin en 1883, de nombreux auteurs se rallient à cette thèse[60]. La seule exception notable est la thèse de Sir Gavin de Beer (publiée en 1955) qui propose le col de la Traversette dans les Alpes méridionales, près du mont Viso. Son tracé ne traverse pas le pays des Allobroges et son hypothèse est violemment contestée, y compris en Angleterre.

    Quoi qu’il en soit, les sources indiquent qu’Hannibal perd entre 3 000[61] et 20 000 hommes lors de la traversée[17]. Les survivants arrivant en Italie sont affamés et ont souffert du froid[17].

    Choix décisif [modifier]

    Quel que soit le passage choisi, la traversée des Alpes est l’un des choix tactiques les plus marquants de l’Antiquité. Hannibal parvient à traverser les montagnes malgré les obstacles que sont le climat, le terrain, les attaques des populations locales et la difficulté de diriger des soldats d’origines ethnique et linguistique diverses.

    Après avoir passé les Alpes et être parvenu dans la région de Turin avec des troupes très réduites, Hannibal bat coup sur coup les premières troupes romaines qui lui sont opposées au Tessin et à la Trébie[21] — actuelle Trebbia, rivière du nord de l’Italie. La bataille du Tessin, qui est plus qu’une simple escarmouche entre la cavalerie romaine du consul Publius Cornelius Scipio[22] et la cavalerie carthaginoise, démontre d’entrée les qualités militaires d’Hannibal. Il utilise au mieux sa cavalerie numide, profitant du moindre avantage topographique et réussissant une manœuvre d’encerclement. La bataille de la Trébie, en décembre 218, amène les Gaulois à se rallier à Hannibal contre leurs récents vainqueurs romains[29].

     


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